Fiche expérience

La Coucou de Rennes: relance d’une race traditionnelle de poule

Région / Département

Bretagne / Ille-et-Vilaine

Structure porteuse

L’Association des Producteurs de Poulets Coucou de Rennes

Le territoire

Le territoire d’Ille-et-Vilaine compte plus d’un million d’habitants sur 6 700 km². Il est divisé en sept bassins d’activité, parmi lesquels le pays de Rennes, situé au centre et concentrant la moitié de la population du département. Le pays de Rennes est constitué de Rennes Métropole et de quatre communautés de communes, et compte 78 000 hectares de SAU.
Dans le secteur agricole et alimentaire, la production laitière est dominante tandis que l’élevage représente une part importante, avec notamment les activités de transformation de viande. Les exploitations de volailles représentent moins de 20% des exploitations du département et la production de volailles de chair diminue, pendant que celle de poules pondeuses augmente.
Peu à peu, la spécialisation industrielle a provoqué la disparition des races fermières dans les années 1940–1950, notamment la Coucou de Rennes dont la production était autrefois abondante dans le Pays de Rennes, et plus généralement en Bretagne.

Démarche de l'action

L’Association des Producteurs de Poulets Coucou de Rennes (APPCR), soutenue par la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine s’est créée en 1997 suite à la reconnaissance du Coucou parmi les produits remarquables du terroir. Un cahier des charges a alors été construit par la Chambre d’agriculture avec les producteurs afin d’homogénéiser la production. Elle a lancé une réflexion sur le mode de commercialisation et le choix s’est finalement porté sur la vente directe couplée à la vente collective et la mise en avant d’une démarche de qualité. Ainsi, la filière Coucou de Rennes s’est peu à peu mise en place.

Avec l’arrivée des Mesures AgroEnvironnementales de Protection des Races Menacées (MAE PRM) en 2015, l’association de producteurs s’engage dans la démarche qui a pour but de compenser les surcoûts pour les élevages de races locales en relance.
Aujourd’hui, les éleveurs commercialisent environ 20 000 poulets par an. Pour eux, l’élevage de poulets de Coucou de Rennes reste faible et vient seulement compléter leurs activités principales afin de diversifier leur production. La majeure partie de la production est distribuée directement par les éleveurs (vente à la ferme, sur les marchés, à des boucheries ou à des restaurants), dans le département ou d’autres départements limitrophes. Une marque « Coucou de Rennes » a été déposée au nom de l’association des producteurs en 1998. Son cahier des charges impose des conditions d’élevage extensif, pendant au moins 130 jours, un plan de prophylaxie, une alimentation entièrement végétale et non OGM, et bien d’autres critères pour assurer la qualité du produit.

Conditions de réussite

L’association a pu compter sur l’Ecomusée du Pays de Rennes. Il a été l’élément stable dans l’organisation des éleveurs de Coucou de Rennes. A l’origine du mouvement pour la conservation de cette race, il est depuis le début l’un des administrateurs de l’association et joue de ce fait un rôle dans les choix d’orientation du collectif.
La Chambre d’agriculture a occupé la place d’animateur du collectif pour permettre sa structuration et l’émergence de son projet de développement local.
Depuis 2013, la Fédération des Races de Bretagnes reçoit l’appui d’une coordinatrice. Ce poste a été créé par le GIE Elevages de Bretagne. Elle travaille ainsi avec les différentes associations, notamment celle des éleveurs de Coucou de Rennes pour laquelle elle intervient sur des demandes spécifiques du collectif.
En plus de l’association, les éleveurs ont fait le choix de se structurer à une plus grande échelle en se regroupant avec d’autres collectifs d’agriculteurs au sein de la Fédération des Races de Bretagne. Cela leur a ainsi permis de regrouper les actions et mutualiser les moyens pour développer leur activité.

Difficultés rencontrées

Il n’y a pas de volonté à obtenir la certification Agriculture Biologique, car le prix de l’alimentation serait bien trop élevé pour une race qui possède un indice de consommation important (7kg d’aliments consommés pour obtenir 1kg de chair).
L’idée d’obtenir une AOC a été écartée, trop contraignante pour un produit qui bénéficie déjà d’une bonne notoriété, mais une IGP pour la Coucou de Rennes est envisagée.
Certains éleveurs quittent parfois le collectif en raison du cahier des charges très strict.
Les membres remplissent bénévolement les missions administratives (comptabilité, logistique, communication, …), ce qui demande un fort investissement de leur part.

Contact

Clémence Morinière, GIE Elevages Bretagne, Coordinatrice Fédération des Races de Bretagne

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